La ménopause: définition et symptômes

Savez-vous que dans la tradition chinoise, la ménopause est désignée comme le second printemps de la femme. Poétique non ?

Qu’est-ce que la ménopause ?

La ménopause se définit comme l’absence de règles pendant un an. En France elle survient en moyenne à 51 ans. C’est un phénomène naturel qui arrive à toutes les femmes. Elle devient pathologique si elle survient trop tôt, c’est-à-dire avant 40 ans. On parle alors d’insuffisance ovarienne prématurée.

Au niveau ovarien il reste encore environ entre une centaine et un millier de follicules mais ceux-ci n’évoluent plus. Il n’y a plus d’ovulation. Par conséquent il n’y a plus de production d’estradiol par l’ovaire ni de progestérone par le corps jaune. Néanmoins la femme ménopausée a toujours une sécrétion d’hormones sexuelles assurée par d’autres tissus comme la surrénale, le tissu adipeux, le foie… mais à des taux bien plus faibles. On retrouve essentiellement comme œstrogène, l’estrone (E1) qui est moins puissante que l’estradiol (E2).

Le corps doit maintenant retrouver un équilibre avec ce nouveau profil hormonal.

 Les symptômes de la ménopause 

Les symptômes de la ménopause résultent donc principalement de l’hypoestrogénie (taux très bas d’œstrogènes) mais également des taux bas de progestérone. Comme je l’ai détaillé dans le paragraphe sur les hormones sexuelles, l’estradiol a un rôle capital dans le corps de la femme. De très nombreux tissus ont des récepteurs à cette hormone. Les symptômes qui en découlent peuvent donc être nombreux et variés. Mais attention comme pour la périménopause, certaines femmes auront beaucoup de manifestations et d’autres très peu.

  • Les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes.

Les dérèglements de la température corporelle sont très fréquents touchant environ 70 à 80    % des femmes au moment de la ménopause. Ils peuvent altérer considérablement la qualité de vie de la femme. Ils sont liés probablement à un dérèglement du centre de régulation de la température corporelle au niveau d’une structure cérébrale particulière appelée l’hypothalamus. Un peu comme si le thermostat était déréglé.

Les bouffées de chaleurs se manifestent classiquement par une sensation de chaleur montant du thorax vers le visage, avec sudation et parfois des frissons. Elles peuvent être accompagnées de palpitations cardiaques, de tachycardie (accélération du rythme cardiaque) et même d’anxiété. Elles durent plus ou moins longtemps et sont plus ou moins fréquentes en fonction des femmes.

Les sueurs nocturnes sont des bouffées de chaleur la nuit qui provoquent une transpiration excessive. Certaines femmes doivent se changer et changer leurs draps. Il est évident que cela altère la qualité du sommeil et engendre beaucoup de fatigue.

  • Le syndrome génito-urinaire.

Ce syndrome malheureusement encore tabou concerne de nombreuses femmes. Il associe des signes vulvo-vaginaux comme une sécheresse, des brûlures, un inconfort vaginal. Il peut être responsable de douleurs pendant les rapports sexuels. Et au niveau urinaire il peut y avoir des infections urinaires fréquentes, une incontinence d’effort, une envie fréquente d’uriner.

  • Système nerveux central.

La carence hormonale peut avoir un impact direct sur l’humeur avec un syndrome dépressif et des manifestations anxieuses. Les troubles du sommeil causés par ce dérèglement hormonal et par les sueurs nocturnes impactent également l’humeur. Par ailleurs il peut y avoir un retentissement cognitif avec des difficultés de concentration, une sensation de brouillard cérébral, des troubles de la mémoire.

  • Peau / cheveux

Lors de la ménopause, l’épiderme qui est la couche superficielle de la peau s’amincit et le derme perd de l’élasticité. La peau est plus fine plus fragile et moins souple. Le déséquilibre hormonal peut aussi être responsable d’une modification de la pilosité, de l’apparition de boutons d’acné et d’une chute de cheveux.

  • Cardiovasculaire, métabolique

On sait maintenant que les œstrogènes ont un rôle protecteur sur nos artères. Par ailleurs les œstrogènes ont également un effet positif sur le métabolisme glucidique (du sucre) et lipidique (des graisses). La ménopause constitue en soi un facteur de risque cardiovasculaire.

  • Poids

A la ménopause il est vrai qu’il y a un changement de la composition corporelle (moins de muscle et plus de graisse) et également une modification de la répartition du tissu adipeux. Mais la prise de poids n’est pas obligatoire.

  • Ostéoporose

Il existe tout au long de la vie un équilibre entre les cellules qui construisent l’os (les ostéoblastes) et celles qui le détruisent (les ostéoclastes). Là encore les œstrogènes jouent un rôle et à la ménopause, cet équilibre est modifié. Il y a à la fois une perte osseuse et une modification de l’architecture de l’os. En fonction de différents critères et autres facteurs de risques, les femmes peuvent présenter de l’ostéoporose et alors, elles sont plus à risque de fractures.

  • Autres symptômes : j’ai cité les principaux signes de la ménopause mais il peut y avoir d’autres manifestations comme des douleurs articulaires, une grande fatigue, une sécheresse oculaire…

Je vous l’accorde, la liste des symptômes mis bout à bout n’est pas très engageante ! Rassurez-vous, chaque femme ne présente pas tous ces désagréments, et certaines s’en sortent même très bien. D’ailleurs, finalement quand la ménopause est officielle, le plus dur est le plus souvent passé. Les fluctuations hormonales de la périménopause sont la plupart du temps moins bien supportées par la femme que la carence stable en œstrogène.

Mais il faut quand même reconnaître que c’est une période délicate et que les femmes ne sont ni faibles, ni douillettes, ni geignardes. Elles sont au contraire souvent courageuses et insuffisamment informées. Des solutions existent pour soulager les symptômes. D’où ma démarche :

Informer, rassurer, conseiller